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Pesticides néonocotinoïdes

Sujets: Contaminants et dangers

Les néonicotinoïdes (aussi appelés néonics) sont des insecticides dérivés de la nicotine. Ils agissent en se liant fortement aux récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine du système nerveux central des insectes, ce qui a pour effet de surstimuler leurs cellules nerveuses, de provoquer une paralysie et, ultimement, la mort. Très hydrosolubles, les néonicotinoïdes persistent dans l’environnement et les écosystèmes – ils pénètrent dans toutes les parties des plantes traitées.

Principalement utilisés en agriculture pour le traitement des semences et des sols ainsi que sur le feuillage des plantes, les néonicotinoïdes peuvent également être utilisés dans les jardins et les cours de particuliers, sur les terrains de golf et dans des traitements contre les puces et les tiques destinés aux chats et aux chiens. Introduits au Canada dans les années 1990, les trois néonicotinoïdes actuellement approuvés à des fins agricoles au pays, soit l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame, font actuellement l’objet d’une réévaluation de leur homologation (Santé Canada, 2017). L’acétamipride et le thiaclopride, quant à eux, sont approuvés pour des usages restreints seulement.

La sensibilisation du public aux dangers des néonicotinoïdes émane de la campagne de sensibilisation sur la mort des abeilles mellifères et d’autres pollinisateurs ainsi que sur le syndrome d’effondrement des colonies. Bien qu’on dispose de données probantes indiquant une exposition environnementale aux néonicotinoïdes, une certaine controverse persiste quant aux risques pour la santé découlant de l’exposition du public aux néonicotinoïdes et à leurs métabolites.

  • Dans le cadre d’études canadiennes comme celles menées en Ontario (Schaafsma et coll., 2015) et en Saskatchewan (Main et coll., 2014), on a détecté la présence de résidus de néonicotinoïdes dans des marécages, des eaux de surface et des terres agricoles.
  • Les résidus des néonicotinoïdes se trouvant dans les fruits et les légumes ne peuvent être éliminés par le rinçage. Des chercheurs américains ont détecté la présence d’au moins un néonicotinoïde – le plus fréquent étant l’imidaclopride – dans tous les fruits et légumes couramment consommés, à l’exception des nectarines et des tomates (Chen et coll., 2014). Au Japon, même si le public est fréquemment exposé aux résidus de néonicotinoïdes par la consommation de fruits et de légumes, on a calculé que la consommation quotidienne de chaque néonicotinoïde est faible, soit moins de 1 % de la consommation quotidienne acceptable (Harada et coll., 2016).
  • Des résidus transférables de néonicotinoïdes ont été détectés chez des chiens ayant reçu un traitement contre les puces à base d’imidaclopride. Des échantillons de gant ont été recueillis après que des chiens aient été flattés pendant cinq minutes; des résidus étaient toujours détectables sur les gants quatre semaines après le traitement, ce qui laisse supposer un potentiel d’exposition des membres de la famille (Craig et coll., 2005).
  • Une revue systématique de quatre études sur la population générale a montré la présence d’un lien entre l’exposition chronique aux néonicotinoïdes et diverses issues développementales et neurologiques indésirables (Cimino et coll, 2017). Par exemple, l’administration fréquente de traitements contre les puces à base d’imidaclopride aux animaux domestiques par des femmes enceintes a été associée à un risque accru de trouble du spectre de l’autisme chez les enfants exposés en période prénatale (Keil et coll, 2014).
  • Dans son opinion scientifique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments en est venue à la conclusion que l’imidaclopride et l’acétamipride pourraient nuire au développement et à la fonction des neurones, mais que d’autres études scientifiques sur le sujet sont nécessaires (Autorité européenne de sécurité des aliments, 2014). Selon Santé Canada, la quantité de néonicotinoïdes présente dans l’environnement est largement inférieure aux taux préoccupants pour la santé humaine (Santé Canada, 2016).

Ressources externes

  • Mise à jour concernant les pesticides de la classe des néonicotinoïdes (Santé Canada, 2017)
    Ce document parle de l’utilisation des néonicotinoïdes et des inquiétudes liées à leur effet sur les pollinisateurs, notamment les abeilles mellifères. Une évaluation des risques de l’imidaclopride pour la santé humaine n’a pas relevé de préoccupations liées à l’exposition humaine à ce produit – quelle qu’en soit la voie – s’il est utilisé conformément aux instructions figurant sur l’étiquette. Par ailleurs, une évaluation de l’exposition et de la toxicité potentielle de l’imidaclopride, notamment pour les populations sensibles, a permis de conclure que les risques pour la santé humaine n’excèdent pas les limites acceptables.
     
  • Néonicotinoïdes (Commission européenne, 2017) [en anglais seulement]
    Ce document donne des renseignements sur les néonicotinoïdes et parle des mesures prises par la Commission européenne pour protéger les abeilles mellifères. Parmi ces mesures, on retrouve l’imposition de restrictions quant à l’emploi des trois principaux néonicotinoïdes dans les semences traitées et les produits de protection des plantes.
     
  • Étude de cas : les néonicotinoïdes (Santé publique Ontario, 2015) [en anglais seulement]
    Cette étude de cas décrit les risques que posent les néonicotinoïdes pour les abeilles, fournit de l’information sur les règlements en vigueur et les éléments écosystémiques à considérer, parle de la sécurité des aliments et s’intéresse aux concentrations résiduelles de néonicotinoïdes dans les fruits et les légumes.

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Dernière mise à jourjuin 05, 2018