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Gazon synthétique et caoutchouc en miettes

Sujets: Environnement bâti, Contaminants et dangers, Agents chimiques

Le gazon synthétique moderne est utilisé dans des milieux intérieurs et extérieurs très variés, comme les terrains de sports polyvalents utilisés à des fins récréatives ou professionnelles, les terrains de jeu, les zones résidentielles, les paysages de rues publiques (pied des arbres, trottoirs) et les parcs publics. On estime qu’il joue un rôle important dans les environnements urbains, étant donné qu’il augmente la surface de jeu, diminue le nombre de blessures, permet de poursuivre le jeu en cas de mauvais temps et nécessite moins d’eau que le gazon naturel. Or, des préoccupations ont été soulevées quant aux risques pour la santé (cancer, etc.) associés à l’exposition aux constituants chimiques contenus dans les brins de gazon synthétique et le remplissage du caoutchouc en miettes, comme les métaux lourds, les composés organiques volatils (COV) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Au-delà de la méfiance du public, il existe d’importantes lacunes dans les données probantes appuyant la prise de décisions liées à l’utilisation du gazon synthétique. Le présent document rassemble des ressources décrivant les données disponibles, ainsi que leurs forces et leurs limites, et les lacunes à combler. Il comprend également des liens vers de nombreuses revues détaillées portant sur le gazon synthétique et ses effets sur la santé ainsi que vers d’importantes recherches à venir visant à combler ces lacunes importantes.

Ressources du CCNSE

Autres ressources

  • Investigation of Reported Cancer among Soccer Players in Washington State (Washington State Department of Health, 2017)
    Ce rapport est le fruit de la seule et unique étude épidémiologique menée jusqu’à présent sur le lien entre le gazon synthétique et le cancer. Les auteurs ont calculé le nombre de cas de cancer attendus chez de jeunes joueurs de soccer, selon les statistiques sur le cancer à Washington et aux États-Unis en général, puis l’ont comparé au nombre de cancers réellement survenus. Le nombre de cas était plus bas que prévu, même chez les joueurs réputés les plus à risque (c.-à-d. les gardiens de but).
     
  • Health Impact Assessment of the Use of Artificial Turf in Toronto (Bureau de santé publique de Toronto, 2015)
    Cette évaluation des incidences sur la santé humaine se penche sur les avantages et les risques du gazon synthétique dans les environnements urbains, y compris la création d’îlots thermiques urbains, les répercussions sur la consommation d’eau, la gestion des eaux pluviales, la toxicologie aquatique, l’émission de gaz à effet de serre, les effets positifs et négatifs sur l’environnement bâti, la disponibilité des espaces verts et l’accès équitable aux espaces récréatifs.
     
  • Environmental and health impacts of artificial turf: a review (Cheng et coll., 2014)
    Cet article évalué par les pairs donne un excellent aperçu des avantages et des inconvénients du gazon synthétique et décrit en détail les caractéristiques physiques et chimiques du produit assemblé et de ses divers constituants, les voies d’exposition humaine et les effets des facteurs environnementaux sur sa dégradation.
     
  • Chemicals in outdoor artificial turf: A health risk for users? (Beausoleil et coll., 2009)
    Ce document, produit par la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, présente une brève revue des évaluations antérieures des risques toxicologiques du gazon synthétique.
     
  • A review of potential health and safety risks from synthetic turf fields containing crumb rubber infill (Denly et coll., 2008)
    Ce document, publié par le New York City Department of Health and Mental Hygiene, porte principalement sur les risques de blessures et de stress thermique liés au gazon synthétique, ainsi que sur les avantages potentiels de ce gazon.

Recherche à venir

Deux études de grande envergure ont été amorcées aux États-Unis en raison de lacunes importantes dans les données, entravant la compréhension des effets de l’exposition au gazon synthétique sur la santé (voir plus haut).

  • Federal Research Action Plan on Recycled Tire Crumb Used on Playing Fields and Playgrounds
    Cette initiative, menée par l’U.S. Environmental Protection Agency (EPA), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR) et l’U.S. Consumer Product Safety Commission (CPSC), a quatre objectifs:
    1. Produire une revue systématique à jour de la littérature sur le gazon synthétique, ses constituants chimiques, l’exposition humaine et les effets de ce gazon sur la santé humaine;
    2. Caractériser la composition chimique du caoutchouc en miettes provenant de diverses sources, avec et sans érosion naturelle. Des échantillons de caoutchouc en miettes seront également soumis à des simulations de dosage de fluides corporels, le but étant de déterminer si les constituants chimiques peuvent se retrouver dans le corps humain;
    3. Caractériser la façon dont les gens (athlètes et enfants) interagissent avec les aires et les terrains de jeu pour comprendre les voies et les scénarios d’exposition;
    4. Effectuer une biosurveillance chez un petit groupe de participants.

​​Pour suivre les progrès de cette initiative, cliquez sur le lien ci-dessus.

  • Environmental Health Study of Synthetic Turf
    Cette initiative, menée par le California Department of Resources Recycling and Recovery (CalRecycle) et financée par le California Office of Environmental Health Hazard Assessment (OEHHA), vise à:
    1. déterminer quels sont les constituants chimiques du caoutchouc en miettes;
    2. déterminer quels éléments sont libérés dans l’air dans diverses conditions (avec le temps et dans diverses conditions météorologiques);
    3. découvrir les éléments auxquels les humains sont exposés par ingestion ou contact cutané, selon leurs activités et la durée de celles-ci;
    4. analyser les données relatives à l’exposition selon le niveau d’exposition, le groupe d’âge et les groupes vulnérables (enfants);
    5. développer un protocole de biosurveillance, si celle-ci est nécessaire dans le cadre d’autres études.

Cette étude s’ajoute à deux autres menées en 2007 et en 2010.

 

Dernière mise à jourjuin 01, 2017